kerel

Ce site expose les écritures de Sébastien Kérel. On y lira des extraits d’œuvres publiées, d'autres inédits ; et encore des vers et de la prose, souvent ailleurs, parfois ensemble : comme un peintre change de couleur.

Sébastien Kérel est un hétéronyme.

On s'est entendu, depuis Charleville qui est un trou de province, à faire "sauter la banque" (Alain Borer), au fond d'un vallon plein de glaïeuls ; il y eut Viélé-Griffin qui même fut jeune ou Régnier, les petits maîtres bien oubliés, à qui la petite flûte n'a pas rendu grand service, qui dorment dans le vallon, mais sans les glaïeuls. Vers et prose donc, encore le lieu et la formule, et la réflexion critique qui voit des mosquées à la place des usines, peut-être parce qu'on voit trop les usines. Comme la vraie nature de la prose si même il y a prose, dirait Mallarmé, à moins que le vers ne soit de la prose découpée (Alferi). Gide pontifiait : « une bonne définition de la poésie ? Je n'en vois plus d'autre valable, que celle-ci : la poésie consiste à passer à la ligne avant la fin de la phrase ». Ou encore qu'on s'en tienne à l'intention de celui qui les met sur du papier, comme le veut Jacques Réda. Celle de Kérel, c'est de compter dans les vers, mais par séries dans la même unité, huit, six et quatre par exemple. Donc on va à la ligne. Critique du rythme. "Nous n'irons plus au bois" (Jean-Marie Gleize).

Car depuis qu’ils sont sortis des jupes académiques, échappant au doigt levé ou baissé d’un roi qui faisait ou défaisait une carrière, depuis la Convention si l’on veut qui leur donne le droit d’auteur, les poètes débarrassés de la tutelle des princes ont affaire à la bourgeoisie, au marché qui ne peut guère vous fournir du pain et encore moins une rime : je ne connais pas d’ange en redingote verte qui au siècle d'or se fût essayé cette infamie, peindre le marché ; en revanche voilà la petite flûte obligée à l'explication puisque l'ancien jeu des vers a changé, ne se fait plus de la même façon et qu'il faut avec le tableau livrer le dessin. Or comme le sait tout un chacun, la poésie ne s'explique pas. Elle revient néanmoins, pour partie, à construire quelque chose avec les outils que d'autres avant vous ont fabriqués, mais qui ne soit pas la même chose ; c'est l'assemblée des maîtres qui du ciel à albatros vous regarde.

On peut donc avoir l'idée de, petitement, s'en prendre à l'infamie, au capitalisme, sans amour indécent pour les usines mais avec quelques lumières en économie, en histoire ; et souffler dans la petite flûte, espérer qu'il en sorte quelque chose, apercevant la réalité, si on veut bien entendre par là une autre construction que  celle que d'autres princes, grands ou petits puisqu'on peut régner sur un couloir de bureau, ont posé pierre après pierre, sans forcément faire bon ménage. De l'architecture en  poésie.

Cela n'empêche pas de compter le vent sur une plage.

Une petite bibliothèque illustrée, à droite ; l'ordre des noms au hasard parce qu'on ne voit pas bien la hiérarchie là-dedans.

On peut lire de la sociologie sur www.poesiecontempraine.fr

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